TRAMWAY - L’OPPOSITION DÉNONCE LA POSE DE PIERRES VENUES D’ASIELOW-COST, LE PAVÉ CHINOIS?

Des idéogrammes sur les bons de livraison des palettes de pavés. La pierre vient effectivement de Chine. Photos Ludovic LAUDE

Des idéogrammes sur les bons de livraison des palettes de pavés. La pierre vient effectivement de Chine. Photos Ludovic LAUDE

 
  • Des idéogrammes sur les bons de livraison des palettes de pavés. La pierre vient effectivement de Chine. Photos Ludovic LAUDE
  • Moins chers, les pavés chinois sont-ils de moindre qualité ? « Non », assure Pascal Gudefin.

LES PAVÉS CHINOIS du tram sont-ils low-cost ? À en croire le communiqué, quelque peu abscons, du conseiller municipal d’opposition Michel Omouri, c’est une évidence. Entre autres attaques dont certaines contre notre journal (auquel il reproche d’informer ses lecteurs sur le déroulement du chantier), l’élu fait part, avec beaucoup de véhémence, de son indignation quant au choix de pavés en provenance de Chine. « On va paver gratis, mais qui va devoir repaver demain au prix lourd ? » s’interroge M. Omouri, d’autant, poursuit-il avec finesse, « qu’une enquête rapide me démontre que ces pavés chinois ne cassent pas des briques ».

« Coût inférieur de 20 % »

Alors, ces pavés venus tout droit, et par bateau, de l’empire du milieu, seraient donc gratuits, comme l’assure le conseiller ? Et forcément, ils ne vaudraient pas tripette ?

L’affirmation agace Pascal Gudefin, le chef du projet Tram. « Nous sommes dans un système économique libéral », commente-t-il, « où s’exerce la libre concurrence. Pour tout projet d’aménagement, des appels d’offres sont lancés.

Et ne pas choisir des fournisseurs au prétexte qu’ils sont chinois reviendrait à faire du favoritisme, ce qui est répréhensible ».

Pour autant, précise Pascal Gudefin, l’appel d’offres n’ignore pas les critères qualitatifs. « Il va de soi que des garanties ont été demandées, et que ces pavés ont subi de nombreux contrôles. Leur qualité est irréprochable, tant pour leur résistance au gel que pour leur capacité à accepter le poids de véhicules lourds porteurs ».

Et bien sûr, les pavés, fussent-ils chinois, ne sont pas « gratis ». « Par rapport à de la pierre française, leur coût est inférieur de 20 % », indique le chef du projet. Lequel précise également que tous les pavés, loin de là, ne proviennent pas d’Asie. « Les chinois sont ceux qui sont de plus petite taille », explique-t-il. Ils sont posés sur une partie du quai Veil-Picard, et sur la place de la Révolution. « Cette place a été refaite en 2005 avec des pierres de cette provenance. Il nous fallait les mêmes, pour respecter les couleurs et les textures ».

Les dallages de taille plus importante, comme ceux que l’on trouve à Chamars, viennent, eux, de carrières de granit portugaises et espagnoles, de même que les bordures séparant les voies du tram de la route, sur l’ensemble du tracé. Seule exception : la Grande rue, dont la pierre, calcaire, sera française.

La fourniture des 80.000 m2 de pavés, dallages et bordures du chantier représente une enveloppe d’environ 2 M€.

S.L.